Résumé

Eresus walckenaeri (famille Eresidae, “araignées de velours”) est une araignée majoritairement fouisseuse : elle vit dans un tube de soie et chasse via une toile proche de l’entrée, en réagissant aux vibrations.

Habitat naturel

Milieux chauds et plutôt secs : pelouses/landes sèches, garrigues, oliveraies, lisières, sous pierres ; parfois jusqu’à des altitudes modérées selon régions.

Identification

Famille “velours” (pilosité dense) | vie en tube | toile “de signal” | femelles sombres, mâles très contrastés (souvent orange/rouge + noir).

Comportement

Mode de vie “tube” : l’araignée passe beaucoup de temps cachée. Elle peut donc sembler “inactive” alors qu’elle va très bien.

Vie en communauté : chez Eresus, la tolérance est surtout connue sous forme subsociale (jeunes/fratrie + soins maternels). Une cohabitation prolongée d’adultes peut fonctionner en captivité dans certains cas, mais elle reste conditionnelle et nécessite espace, cachettes multiples, nourrissage très bien géré et observation attentive.

Important

Si un individu “monopolise” l’entrée d’un tube, si l’autre maigrit, ou si des tensions apparaissent : séparation. On préfère un élevage stable à une sitcom tragique.

Taille & longévité

Femelle : jusqu’à ~40 mm (selon sources/populations).
Mâle : plus petit et plus mobile.
Longévité : généralement pluriannuelle (femelles plus longues que mâles).

Manipulation

C’est une araignée “territoire + tube”. Préférer les manipulations indirectes (boîte de transfert, guidage doux au pinceau).

Description physique

Femelle / juvéniles : teintes sombres (noir/brun/gris velouté), parfois avec un liseré ou une zone plus claire/roussâtre selon individus.

Mâle adulte : abdomen vivement coloré (souvent rouge/orange) avec taches noires ; très actif, surtout en période de reproduction.

Note

Les mâles de plusieurs espèces d’Eresus se ressemblent : l’identification fine repose parfois sur des critères morphologiques (et pas uniquement la couleur).

Fiche de maintien – aperçu

Objectif : un terrarium sec, aéré, avec substrat profondet plusieurs cachettes. On garde une micro-zone plus humide (un coin, rarement),

Terrarium recommandé

Juvéniles : petit volume sécurisé (ex. 10×10×10 cm) avec bonne ventilation.

Subadultes/adultes : privilégier la surface au sol et la profondeur de substrat (ex. 20×20×20 cm ou plus selon taille).

Vie en groupe (optionnelle) : seulement si grand volume + plusieurs “spots tube” (au moins 1 tube potentiel par individu + marge) + nourrissage rigoureux.

Aération : ventilation croisée, sans courant d’air direct.

Température

Minimum (alerte) : 16–18°C

Maximum (alerte) : 28–30°C

Fourchette utile

20°C à 26°C

Éclairage

Lumière ambiante + cycle jour/nuit régulier. Éviter le soleil direct (effet serre) et les tapis/lampe chauffante collés au verre (surchauffe locale).

Hygrométrie

Plutôt sec (souvent ~35–55% selon pièce/ventilation).

Méthode

Substrat majoritairement sec. Créer un coin légèrement humidifié 1×/semaine (ou moins) si besoin, puis laisser sécher. L’idée : “point d’eau invisible” plutôt que “forêt tropicale”.

Substrat

Profondeur : importante (permet tube + stabilité).
Mélange sec et stable : terre/terreau sans engrais + un peu de sable/argile, compactable. Option : feuilles sèches en surface (pas indispensable).

Décor

Indispensable : une pierre plate (posée stablement) ou grosse écorce formant un “toit”, pour que l’araignée ancre son tube dessous. Ajouter 1–2 caches supplémentaires si cohabitation.

Plantes : non nécessaires ; elles augmentent parfois l’humidité.

Alimentation en captivité

Règle d’or : proie ≈ largeur du céphalothorax (ou un peu moins).

Juvéniles : petites proies (drosophiles, micro-grillons, petites blattes) — tous les 5–7 jours selon croissance.

Subadultes / adultes : proies adaptées (blattes, grillons, mouches, etc.) — tous les 7–14 jours.

Cohabitation & nourrissage

En groupe, nourrir à plusieurs points (pas “un seul buffet”). Si un individu maigrit de manière évidente : nourrissage ciblé ou séparation.

Santé & Mues

Signes OK : tube bien entretenu, réaction aux vibrations près de l’entrée, abdomen proportionné, posture tonique.

Signes d’alerte : moisissures / acariens favorisés par humidité excessive, abdomen fripé (déshydratation), incapacité à se tenir, pertes répétées en cohabitation (stress/compétition).

Pré-mue : retrait prolongé dans le tube, baisse d’activité, refus de proie. Ne pas déranger. Après mue : attendre quelques jours avant de reproposer (selon taille).

Reproduction

Chez Eresus, le mâle mature devient très mobile et cherche les femelles. La femelle reste centrée sur son tube. L’accouplement peut être discret. La phase la plus marquante est souvent la maternité (soins aux jeunes).

Accouplement (en pratique)

Le mâle est généralement introduit dans un contexte où la femelle est stable (tube installé, environnement calme, paramètres corrects).

  • éviter les vibrations / stress
  • nourrir correctement en amont (sans surcharger)
  • surveiller les interactions, surtout au niveau du tube

Note

La réussite dépend beaucoup de la maturité réelle et du timing (mâle actif sur une fenêtre parfois courte).

Cocon

La femelle prépare son tube et fixe un cocon dans la zone protégée (souvent sous pierre / dans le tube). Un cocon peut contenir plusieurs centaines d’œufs selon observations de terrain/synthèses.

Règle d’or

Une fois le cocon présent : stabilité maximale (pas de réaménagement, pas de brumisation excessive).

Soins maternels & phase “subsociale”

Les Eresidae sont célèbres pour des soins maternels prolongés chez plusieurs espèces (nourrissage par régurgitation, tolérance des jeunes dans le nid, etc.). Chez E. walckenaeri, une forme de maternité prolongée est rapportée, et la tolérance en groupe concerne surtout cette période (mère + jeunes / fratrie).

Matriphagie :

Une matriphagie (consommation de la mère par les jeunes) est bien documentée chez de nombreuses Eresidae. Pour E. walckenaeri, nous observons ce phénomène.

Jeunes : groupage, puis séparation progressive

Les jeunes peuvent rester ensemble un temps (fratrie), surtout tant que la taille est faible et l’espace/nourriture sont suffisants.

  • Phase 1 : fratrie tolérée, nourrissage très régulier et diffus
  • Phase 2 : dès que les tailles divergent nettement : séparation par lots
  • Phase 3 : subadultes : séparation individuelle recommandée (meilleure sécurité)

But

Obtenir de la croissance stable, sans pertes dues à la compétition ou au cannibalisme opportuniste.

Galerie

Carte

Carte interactive

Répartition résumé

Espèce de l’aire méditerranéenne orientale (Balkans du sud, sud de l’Italie, Turquie, îles égéennes, selon synthèses), avec habitats chauds et secs sous pierres et dans des milieux ouverts.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut