Résumé

Cupiennius salei (famille Trechaleidae selon la classification actuelle) est une grande araignée chasseuse nocturne, qui ne construit pas de toile de capture. Elle passe la journée dans un refuge (souvent dans des “replis” végétaux), puis sort après le crépuscule pour chasser.

Habitat naturel (espèce)

Observée notamment en plantations de café proches de la forêt tropicale, surtout sur bananiers et agaves, avec retraite derrière les gaines foliaires / à la base des feuilles. Espèce connue comme modèle de recherche, et associée à des micro-habitats végétaux offrant des abris “en gouttière”.

Identification

Grand gabarit | motifs “tigrés” (stries/contrastes) surtout chez la femelle | posture de chasse sur feuilles/écorces | vitesse élevée (surtout en “mode panique”).

Note taxonomique

Le genre Cupiennius a longtemps été rangé chez les Ctenidae, mais est aujourd’hui placé chez Trechaleidae (révision et catalogage WSC).

Taille & longévité

Femelle : jusqu’à ~3,5 cm de corps, envergure de pattes ~10 cm (variable).

Mâle : jusqu’à ~2,5 cm de corps, pattes plus fines/longues.

Cycle

En élevage, croissance rapide possible : maturité souvent atteinte en ~8–10 mois selon température et nourrissage ; femelles pouvant vivre près de 2 ans une fois adultes (ordre de grandeur).

Comportement

Plutôt solitaire : chaque individu utilise ses propres refuges. Sur de grandes plantes, plusieurs individus peuvent être observés dans la même zone, mais cela ne se traduit pas par une “vie communautaire stable” au sens terrariophile.

Nocturne : elle quitte sa retraite après la tombée de la nuit, monte sur la végétation, et chasse surtout des insectes (blattes, perce-oreilles, grillons, etc.).

Important

En captivité, on recommande un maintien individuel : les juvéniles sont décrits comme cannibales, et les cohabitations finissent souvent en “il n’en restera qu’un”.

Manipulation

À éviter : rapide + réactions nerveuses. Préférer les manipulations “zéro-main” : gobelet de capture, pinceau doux pour guider, travail en bac sécurisé. La morsure est décrite comme douloureuse mais l’espèce n’est généralement pas considérée comme médicalement dangereuse pour l’humain (prudence standard : chaque personne réagit différemment).

Description physique

Femelle : teintes brun chocolat, souvent avec stries longitudinales plus sombres ; dessous du corps pouvant montrer des tons orangés/rougeâtres.

Mâle adulte : plus petit, plus élancé, couleurs plus claires, bulbes copulateurs visibles.

Astuce d’observation

Beaucoup d’activité se passe de nuit : une lampe rouge faible peut aider à observer sans “reset” complet du comportement.

Fiche de maintien – aperçu

Objectif : terrarium vertical (arboreal), humidité élevée mais sans air stagnant, avec beaucoup de supports (écorce/branches/plantes) pour permettre refuges et zones de chasse. Cette espèce grimpe très bien : sécurisation (fermeture + joints) indispensable.

Terrarium recommandé

Juvéniles : boîte sécurisée ventilée (format “fauna”/boîte à invertébrés), avec écorce + cachettes.

Adultes : minimum conseillé autour de 20×20×30 cm (plus grand = mieux, surtout en hauteur).

Aération : bonne ventilation (idéalement croisée). L’humidité doit venir du substrat et des micro-zones, pas d’une “cave à brouillard”.

Remarque.s : prévois au moins 2–3 refuges possibles (écorce, feuilles/plantes, zones sombres).

Température

Repère pratique

Cible autour de ~25°C.

Tolérance (indicatif)

Supporte des variations (jour/nuit), mais éviter les extrêmes prolongés.

Éclairage

Lumière ambiante + cycle jour/nuit régulier. Elle est surtout active la nuit : l’éclairage sert surtout au rythme et au décor (plantes).

Hygrométrie

Élevée : viser souvent ~75–85% (avec ventilation).

Méthode

Substrat légèrement humide en profondeur + pulvérisations légères, en évitant le détrempage. Les juvéniles sont plus sensibles : ne pas laisser sécher complètement.

Substrat

Couche fine type copeaux/écorces + fibre de coco (ou mélange forêt tropicale), avec zone plus humide. L’objectif est d’avoir un sol qui “respire”.

Décor

Indispensable : grande écorce de liège fixée (verticale) + branches. Les plantes (vraies ou fausses) aident beaucoup : abris + surfaces de chasse.

Alimentation en captivité

Règle d’or : proie ≈ largeur du céphalothorax (ou légèrement moins), surtout chez les juvéniles.

Juvéniles : drosophiles, petites blattes, micro-grillons — environ tous les 4–7 jours.

Subadultes / adultes : grillons/blattes/mouches selon taille — environ tous les 7–14 jours.

Remarque.s

Retirer les proies non consommées (surtout les grillons). Cette espèce chasse souvent la nuit : proposer en fin de journée peut aider.

Santé & Mues

Bon signe : posture tonique, refuges utilisés en journée, sorties nocturnes, abdomen proportionné.

Alertes : déshydratation (abdomen fripé), léthargie anormale, moisissures (air trop stagnant), chutes fréquentes (surface trop lisse/conditions inadaptées).

Pré-mue : retrait prolongé + refus de proie. Ne pas déranger. Re-nourrir seulement après durcissement (quelques jours, plus selon taille).

Reproduction (à faire “proprement”)

Chez Cupiennius salei, la reproduction est possible en captivité, mais demande une bonne lecture des individus (maturité réelle, calme, timing). La parade peut être longue, et la gestion des jeunes demande une stratégie anti-cannibalisme.

Préparation

  • Attendre environ 2–3 semaines après la mue imaginale (adultes) avant de tenter l’accouplement.
  • Femelle bien nourrie et bien installée (refuges + stabilité).
  • Prévoir un protocole “sécurité” (gobelet, séparation rapide).

Mise en présence

Classiquement, on introduit le mâle dans le terrarium de la femelle, après que la femelle ait déjà “posé” assez de soie (phéromones sur lignes de soie).

À surveiller

Le mâle tambourine / vibre, approche progressivement ; ça peut durer des heures.

Accouplement

La femelle réceptive répond (mouvements, orientation). Le mâle se place au-dessus et insère les pédipalpes alternativement.

Après

La femelle peut devenir très vorace : nourrissage régulier mais sans excès “boueux” (proies mortes oubliées = moisissures).

Cocon & incubation

Après l’accouplement, un cocon peut apparaître autour de ~3 semaines (ordre de grandeur) : gros cocon blanc sphérique, puis mise en place d’une sorte de “nursery web”.

Éclosion : souvent autour de ~1 mois dans des conditions adaptées.

Règle d’or

Ne pas chambouler l’environnement pendant cocon/incubation (stress = mauvaises surprises).

Jeunes (point critique)

Les jeunes sont décrits comme cannibales et agressifs : si l’objectif est de limiter les pertes, une séparation relativement précoce est recommandée.

  • Maintenir humidité suffisante (les jeunes supportent mal les assèchements).
  • Nourrissage fréquent (drosophiles / micro-proies) pour limiter les rencontres “au menu”.
  • Anticiper le nombre : un cocon peut produire des centaines de jeunes.

À retenir

La réussite repose sur : stabilité, bons refuges, humidité + ventilation, et une gestion sérieuse des jeunes. Et oui : cette espèce peut passer de “statue sur feuille” à “éclair sur pattes” en 0,2 seconde — donc on prépare le terrain avant d’ouvrir.

Galerie

Carte

Carte interactive.

Répartition résumé

Amérique centrale : signalée notamment du sud du Mexique (ex. Veracruz dans l’historique des collectes) jusqu’au Guatemala ; observations de terrain documentées en zone de hautes terres guatémaltèques (Alta Verapaz, près de Cobán). Des individus sont fréquemment associés à des bananiers et agaves en milieux anthropisés proches de la forêt tropicale.

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